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Justine et Suite libre avec spécimen
Lot 2065

Justine et Suite libre avec spécimen

Estimation : 100 / 200€
Année : 1976
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Description

Notre lot se compose de 3 volumes & d’un prospectus promotionnel.

Un exemplaire promotionnel de Justine de Sade.

Un ensemble de deux volumes : « Justine ou les malheurs de la vertu » de Sade & sa suite libre d’illustrations en couleurs.

Un prospectus promotionnel.

Dubout libère son crayon, son attrait pour l’érotisme est poussé à son comble. Quelques années auparavant, il avait déjà ouvert cette voie avec l’ouvrage « Kama soutra » de 1973. Ici, les dessins sont bien plus crus, illustrant les scènes sadomasochistes de l’imagination sadienne. Les scènes érotiques et les sexes ne sont plus dissimulés, mais frontaux. Les créations sont réalisées dans le goût du XVIIIème siècle, les costumes, décors, ou encore machine de torture.

Les malheurs de l’infortunée Justine, une orpheline qui, d’abord accusée de vol, va enchaîner les mésaventures les plus cruelles. Tentant de survivre dans ce bas monde, elle ne rencontrera que la folie, la traîtrise, la perversité, la couardise et la cruauté. Malgré tout, Justine reste attachée à ses valeurs et ne renie ni sa foi ni sa vertu. Rejetant la douce nature rousseauiste, Sade dévoile le mal qui est en nous et dans la vie. La vertueuse Justine fait la confidence de ses malheurs et demeure jusque dans les plus scabreux détails l’incarnation de la vertu. Apologie du crime, de la liberté des corps comme des esprits, de la cruauté, « extrême sensibilité des organes connue seulement des êtres délicats », l’oeuvre du marquis de Sade étonne ou scandalise. « Elle paraît bien n’être, dit Klossowski, qu’un seul cri désespéré, lancé à l’image de la virginité inaccessible, cri enveloppé et comme enchâssé dans un cantique de blasphèmes. » C’est aussi une oeuvre d’une poésie délirante et pleine d’humour noir.

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Auteur

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Albert Dubout (1905-1976) est sollicité dès 1929 par les Editions Kra, un choix audacieux de la part de cette dernière qui lui confie étonnamment l’illustration de textes classiques. Une voie qu’il le contraindra dans ces choix esthétiques l’obligeant parfois à coller au texte. Dubout affirmera notamment que le travail de « miroir du texte » effectué pour « Clochemerle » ne lui avait pas plu. A contrario des dessins qu’il commet pour les journaux, cette formule éditoriale lui tient à coeur. « Il y avait une bien plus grande liberté de moyens que dans le tyrannique dessin de presse. On comprend par exemple que les délais toujours précipités des rédacteurs de journaux aient peu convenu à ce dessinateur qui aimait à représenter mille têtes différentes sur son papier à ajouter toujours de nouveaux accessoires, à fignoler sans cesse » (in MELOT Michel, « Dubout », Edition Michèle Trinckvel, Montrouge, 1979).

« Il est certainement l’un des artistes les plus influents de toute une génération de dessinateurs et illustrateurs » (in Dubout.fr) et à ce titre possède des caractéristiques reconnaissables comme un tracé tout en rondeur, des compositions chamarrées qui complimentent l’aspect drolatique des scènes de vie qu’il nous dépeint. Héritier sans le vouloir de Jérome Bosch, Dubout agrémente ses productions d’un grand nombre de personnages participant à la fois à des micro-scènes et à l’action principale. Ces attributs se parent d’un goût pour des illustrations grivoises, caricaturales parfois tumultueuses, rendant ses personnages attachants tels que ceux du Petit Bonhomme et de la Grosse Dame. Ces derniers ne sont pas sans rappeler son affection pour sa région natale, le sud de la France, et particulièrement Marseille.

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Dubout est un produit « made in France » par excellence : régionaliste, authentique, bon-vivant, éduqué et talentueux. Il fut élève aux Beaux-Arts de Montpellier, puis il s’installe à Paris. Il se passionnera pour la foule des grands magasins et des transports qu’il aime croquer et caricaturer. Il publie ses premiers dessins dans « Pêle-Mêle », puis s’en suivront des collaborations avec différents magazines et journaux tels que « Ric et Rac », « Marianne », « La Bataille » et « Ici Paris ». Dubout réalise également des affiches pour le cinéma, la publicité et le théâtre comme celle de « César » de Marcel Pagnol. Sa passion pour le cinéma est tenace, il réalise plusieurs films d’animations « Anatole fait du camping » et « Anatole à la tour de Nesle » en 1947 et longs métrages « La Rue sans loi » en 1950 et « Anatole chéri » en 1954.

Albert Dubout « a illustré plus de 80 ouvrages dont le dernier a paru après sa mort. Il a publié 27 albums et créé 80 affiches de cinéma et de publicité. Par ailleurs, il a réalisé 70 peintures à huile dont les fameuses Corridas avec leurs ombres et lumières ainsi que les Toreros » (in Dubout.fr).

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Rapport de condition

Paris, éditions Michèle Trinckvel, 1976. Reliure plein cuir noir pour les 2 volumes de Justine, portant le numéro 3666 sur 6000, fer original, tête dorée, pages de garde illustrées et étui de luxe. Le roman de Justine compte 326 pages et la suite comporte 78 illustrations dont 8 en in-folio.

Le volumineux spécimen de promotion (200 pages) est doté d’un dos factice entre collé à l’intérieur du premier plat.

Prospectus de SADE en 4 pages, comportant une photographie de Dubout, ainsi qu’une reproduction d’une carte postale envoyé par Dubout peu avant sa mort, et que d’une petite note sur la mort de Dubout, le 26 juin 1976.